Patrimoine oublié

Hors des lieux de passage mais pourtant si près de vous, des mondes oubliés subsistent.

Arrêtez-vous et regardez les, ces ruines que nous avons pris l'habitude de ne plus voir.
Vous découvrirez des architectures imposantes rongées par le temps.
Vous observerez la végétation qui poursuit sa reconquête au fil des saisons.
Vous ressentirez le calme assourdissant qui règne dans ces sanctuaires.

Ces édifices, balayés par les courants d'air, sont déserts. Ils conservent cependant les traces de l'activité humaine passée.
L'imagination aidant, les anciens occupants reviendront. Avec vous, ils déambuleront parmi ces vestiges qui furent leur quotidien et souvent leur fierté.
L'espace d'un instant, remontons le temps et redonnons vie à ces lieux pétrifiés.

L'oubli et la décrépitude ont offert une nouvelle majesté à un patrimoine qui se désagrège.
Visitons le une dernière fois avant qu'il ne redevienne poussière.

Prés de 30 hectares et pas un habitant. Ce qui fut un complexe presque autonome, commence à s'effondrer par endroits et est envahi de végétation. Pourtant, il y avait presque tout ici: Piscine, cinéma, salon de coiffure, auto-école, gymnase, aumônerie, centrale électrique, buanderie, station d'épuration ... Beaucoup de ces bâtiments feraient la joie des habitants d'une petite ville.

Nous arrivons en début de matinée sur le lieu qui, d'après nos recherches, abrite une vaste carrière souterraine. Les informations sont exactes: parsemant les champs, des puits d'aération témoignent que le réseau souterrain est très étendu. Des informations ultérieures nous apprendrons que le réseau s'étend sur 14 hectares.
Ces puits, de presque 5 mètres de profondeur, ne peuvent constituer un accès et nous nous dirigeons donc vers la première entrée repérée. Elle se révèle être noyée sous une végétation dense, enchevêtrement de ronces et de buissons. Cette entrée oubliée n'a pas été utilisée depuis des dizaines d'années.

Ce château du XVIIIème siècle est la clef d'entrée d'un magnifique domaine de plusieurs centaines d'hectares. Au sein des marécages, les oiseaux viennent se nourrir et se reproduire.
Après avoir connu une forte prospérité, le domaine déclina et son propriétaire mourut ruiné vers 1770.


Les derniers rayons du soleil illuminent les pièces vides et poussiéreuses, dont les recoins sont tapissés de grandes toiles d'araignées ondulant sous l'effet des courants d'air. Ces toiles ont pris possession de l'escalier, le recouvrant d'un linceul collant qui agrège plumes, poussières et déjections d'animaux.

Le manoir n'accueillera plus de réception. L'écho des clameurs des invités a depuis longtemps déserté ses murs. Le parquet, taché par la pluie qui traverse les plafonds éventrés, ne résonne plus sous le pas des danseurs.
L'escalier de la bâtisse fut somptueux. Il n'est plus que la colonne vertébrale de ce squelette qui s'effondre dans l'indifférence du voisinage.

La cavité se trouve dans une falaise au bord de la rivière. Le décor est magnifique, composé de fougères, d'arbres fleuris et d'une prairie verdoyante.
Nous commençons à explorer les galeries qui semblent avoir été modifiées pour l'entrée de camions. Nous effectuons rapidement la reconnaissance des couloirs mais tous s'avèrent être murés.
Au détour d'une petite salle, une ouverture dans un mur attire notre attention. Elle est constituée d'un grand cylindre qui perce la paroi. A travers cette ouverture, la lueur des frontales révèle de nouvelles galeries qui se perdent dans l'obscurité.

Une tannerie perdue dans la campagne. La première usine date d'il y à 170 ans. Les bâtiments ont connu de multiples utilisations (forge, aciérie, tréfilerie, tannerie). Au plus fort de l'activité, 500 personnes s'activent dans l'usine. Une usine performante dans laquelle la gestion du personnel est en avance sur son temps.
Il n'en reste plus que quelques vestiges qui s'effondrent.

Nous sommes fin juillet, à l'heure où la chaleur du soleil a laissé place à la fraîcheur de la nuit et à l'humidité en provenance de l'océan.
Je me suis réveillé en sursaut. Le cauchemar qui me hantait s'est terminé par un hurlement strident dont l'écho résonne encore à mes oreilles. Ce cri que j'espère imaginaire semblait provenir des dunes. Je me sens attiré vers la plage comme si l'appel m'était destiné.
Je gravis la première dune, puis la suivante. La lune blafarde crée de longues ombres sur la moindre plante, transformant la maigre végétation en autant de griffes tordues et menaçantes.
Plus je progresse, plus le sol prend un aspect inhabituel. Le sable est maculé de boue et quelques objets indéfinissables apparaîssent. Ils sont corrodés, méconnaissables, mais semblent tous être extrêmement anciens.


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