La demeure pétrifiée recèle une énigme que la pénombre semble retenir à dessein. Au travers du faisceau de la torche, les objets émergent et dévoilent des secrets poussiéreux et lourds, des résurgences du passé, comme autant de révélations qui retournent aussitôt au sommeil, à l'oubli, au néant.
Je gravis l’escalier, un tableau austère m'hypnotise, le regard du prêtre me suis et je sens, au seuil de la perception, cette présence qui s'éveille. Et surtout, j'entends Les Voix. Les Voix sont nombreuses mais furtives, elles m'enveloppent et me pénètrent. Elles hurlent leur détresse et me racontent les infortunes, la nostalgie du faste, le déclin et les pleurs, la maladie puis la douleur de l'absence. Le temps s'est figé sur les derniers instants qui précédent l'extinction de la conscience, ce moment précis où l'être bascule dans l'autre univers et abandonne derrière lui les biens matériels.

Pourtant, de ces objets malmenés par les revers de fortune d'une aristocratie vieillissante, émane encore une fragile lueur d'élégance qui s'amenuise inexorablement. Je contemple ici les derniers souvenirs d'une bourgeoisie disparue.

C'est une bâtisse étrange et isolée des regards que je laisse derrière moi. Esprits fragiles, n'entrez pas ici ! Cet endroit exsude un indéfinissable parfum de malaise et de détresse qui mettra en péril votre âme.



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